La langue arabe appartient à la famille des langues afro-asiatiques, plus précisément au groupe des langues sémitiques centrales, aux côtés de l’hébreu ou de l’araméen. Ses racines se trouvent dans la péninsule Arabique, où se parlaient de nombreux parlers arabes anciens. À partir du VIe et surtout du VIIe siècle, avec l’essor de l’islam et la révélation du Coran, l’arabe dit classique devient une langue de référence, fixée par la poésie préislamique, le texte coranique et le travail des grammairiens.
Au fil des siècles, l’arabe se diffuse très largement, de l’Atlantique à l’Irak, puis jusqu’en Afrique subsaharienne et dans une partie de l’Asie, à travers les conquêtes, le commerce, la culture et la religion. Il devient langue d’administration, de science, de philosophie, de théologie et de littérature dans une grande partie du monde musulman.
L’arabe est une langue à racines consonantiques : la plupart des mots sont construits à partir de racines formées de trois consonnes (parfois quatre), sur lesquelles se greffent des schémas de voyelles et des affixes. Ce système permet de former de nombreux mots d’une même famille de sens à partir d’une racine commune.
La langue utilise un alphabet propre, l’alphabet arabe, composé de lettres qui se lient entre elles et s’écrivent de droite à gauche. À l’origine, il s’agit d’un abjad : les consonnes sont notées systématiquement, tandis que les voyelles brèves ne sont indiquées que par des signes diacritiques, surtout dans les textes destinés à l’apprentissage ou à la récitation religieuse.
Sur le plan linguistique, on distingue l’arabe classique, langue du Coran et de la tradition religieuse, et l’arabe standard moderne, utilisé dans les médias, l’enseignement et les écrits contemporains. Ce registre coexiste avec de nombreux dialectes ou variétés parlées, très vivants au quotidien. Cette situation de double usage, écrit et parlé, est souvent décrite comme une diglossie : une variété « haute » pour les usages formels, et des variétés « basses » pour la conversation de tous les jours.
L’arabe compte aujourd’hui plusieurs centaines de millions de locuteurs. Environ 300 millions de personnes ont une variété d’arabe comme langue maternelle, principalement dans les pays de la Ligue arabe, du Maroc à l’Irak et du Liban au Yémen. Si l’on ajoute les locuteurs de seconde langue, les étudiants et les personnes qui le maîtrisent pour des raisons religieuses ou professionnelles, le nombre de personnes ayant une compétence en arabe dépasse largement ce chiffre.
On distingue plusieurs grands ensembles dialectaux : l’arabe maghrébin (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie), l’arabe égyptien, très influent grâce au cinéma et à la télévision, l’arabe levantin (Liban, Syrie, Jordanie, Palestine), l’arabe du Golfe, ainsi que d’autres variétés plus locales comme l’arabe soudanais, l’arabe iraquien ou l’arabe yéménite. Malgré des différences parfois importantes à l’oral, ces variantes partagent un socle commun et se rattachent toutes à la même langue écrite standard, utilisée dans la presse, les livres, les discours officiels et l’enseignement.